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19 septembre 2005

184.1

Classé dans : F.A. — In Zikh @ 9:00

Françoise A. m’a vu naître. Enfin, presque. Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, je la vois avec son mari à ses côtés, tous deux bons comme du pain, du bon pain de campagne, le coeur sur la main. Ils sont de ceux, rares, qui vont vers l’autre avec tendresse, chaleur et discrétion ; de ceux dont les yeux sont un grand lac dans lequel on se baigne pour se ressourcer ; enfin de ceux chez qui la noblesse de sentiments n’est ni une pose ni une affaire de classe ou de culture et auprès de qui il fait bon se reposer, et avec lesquels on peut se souvenir en riant franchement ou avec une mélancolie discrète.

Leur jardin potager est à leur image ; généreux malgré la sécheresse et les ans, touffu, ombragé, aéré. Ce ne sont pas l’anémone et l’ancolie que l’on y trouve, mais, selon les saisons, pommiers, cerisiers ou noyers ; aubergines, tomates, laitues, poireaux, fraises ou framboises. Le repas du dimanche est de ceux d’où l’on ne sort de table qu’en fin d’après-midi, nourri autant par la cuisine chaleureuse et sans chichis que par la conversation à bâtons rompus, promenade à travers les méandres de nos histoires communes déroulant leurs broderies parfois surannées au cours de la journée, fils ténus remontant du lointain souvenir couleur sépia et événements récents hauts en couleur.


On ne se remet jamais de la perte d’un enfant, et la larme refoulée d’un parent est parfois bien plus émouvante qu’un sanglot long.

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