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19 décembre 2005

227.2

Classé dans : D***, F.B. — In Zikh @ 23:27

Françoise s’était séparée de son compagnon, puis elle l’a revu. Elle souffre du côté unilatéral de leur relation ; elle, si généreuse et qui l’a aidé lors de la période difficile qu’il a vécue et dont il est sorti, souffre que, lorsqu’elle n’est pas bien, il s’éloigne. Elle préfère, dit-elle, être seule plutôt que de subir cette attitude.

Comme je la comprends… j’ai connu cela avec D*** ; j’étais là, dès qu’il avait besoin de moi. Quand il m’arrivait d’exprimer, de mon côté, un quelconque moment de faiblesse, il changeait immédiatement la conversation vers ses problèmes (réels ou imaginaires), ou n’écoutait pas. Il a changé quelque peu, pourtant, ce que je n’aurais jamais cru.

Je dis à Françoise qu’il est tout de même étrange que nous pouvons, seuls, gérer nos problèmes, tandis que nous souffrons de l’indifférence de l’autre quand nous la leur exposons. Se peut-il qu’à travers eux nous visons quelqu’un d’autre ? Je ne saurais y répondre pour moi, mais pour Françoise il me semble que c’est à son père (disparu depuis longtemps, dont elle m’avait parlé quelque peu) qu’elle reproche, au travers de son ami, cette attitude froide et distante.


La vie est une longue répétition, où l’on superpose sur la personne aimée les visages invisibles des personnes de notre passé. C’est injuste pour l’être aimé, même si c’est souvent involontaire. D’où la nécessité, dans ces moments de souffrance, de faire un effort de plus pour en cerner la cause en soi-même.

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13 novembre 2005

207.1

Classé dans : D***, G.C., L.B. — In Zikh @ 22:12

Ce qui m’avait incité à engager la conversation électronique avec Laurent, malgré la distance affichée de son lieu de résidence, c’était le titre de son annonce, “ne cherche qu’a discuter” (ou quelque chose dans le genre). Dès ses premiers messages, il m’informa qu’il avait le sida. C’était l’époque où ceux qui portaient le virus étaient considérés comme des pestiférés, et en mouraient en moins de deux ans. L’émotion me saisit alors et j’engageai la conversation. Il avait surtout besoin d’être écouté, et je savais déjà le faire, plus ou moins bien.

Il m’apparut rapidement que c’était un homme assez exceptionnel. Jeune médecin, il avait dû arrêter de pratiquer lorsque la maladie s’était déclarée. Il lui faisait face avec détermination, le regard tourné vers le futur, toujours un peu au-delà du réalisme pragmatique. Son état ne l’empêchait pas d’être aussi ouvert au monde et aux autres, ce qui est aussi remarquable : il aurait été naturel qu’il concentre toute son énergie pour survive.

Il me raconta qu’il devait venir prochainement pour suivre un traitement expérimental. Je lui demandai s’il avait des proches en ville, et quand il répondit par la négative, je lui proposai de m’appeler s’il souhaitait que je lui rende visite. Quand il le fit, je me renseignai sur cette maladie dont je ne savais rien, même pas si je pouvais lui serrer la main… Je fus saisi quand je le vis - je ne l’avais jamais vu “avant” - visage décharné et barbu, les stigmates du sarcome de Kaposi au corps ; et quel environnement ! d’autres malades, atteints pour certains d’encéphalopathies, une vision dantesque. Nous sortîmes dans les jardins de l’hôpital et commençames à faire connaissance, bavardant à bâtons rompus. Je le regardais “normalement”, je parlais “normalement”, je souriais “normalement”. Dans la rue, en partant, je n’ai pu m’empêcher de pleurer. Je le vis ainsi tous les jours, jusqu’à son retour chez lui.

Nous continuâmes à correspondre et à nous parler. Lors de mes déplacements, je lui envoyais des cartes postales, et il répondait que je le faisais ainsi voyager. Il me parlait de ses occupations et secondairement de sa santé, qui s’améliorait d’une façon qui ne manquait pas d’étonner les médecins - un article a été publié dans la presse médicale de l’époque sur son cas, qui défiait ce qu’on savait alors. Et tout avec une humeur égale, de l’espoir - non pas qu’il guérirait, il savait que c’était impossible, mais qu’il vivrait encore et encore -, du courage. Je l’ai revu plusieurs fois (et l’ai même hébergé une ou deux fois) lors de ses passages médicaux ici. Il était devenu méconnaissable : vigoureux, comme en pleine santé.

Pendant ces huit années, il eut des hauts et des bas, auxquels il faisait face avec une sorte de fatalisme joyeux. Un jour, je reçus une lettre dans laquelle il m’annonçait une nouvelle rechute. Au ton de la lettre, je compris que ce serait probablement la dernière, et qu’il fallait que je me dépêche d’aller le voir. D*** m’y emmena. Laurent n’était plus que peau et os, épuisé. Et malgré tout, il n’était pas abattu. Ce devait être sa croyance qui le portait, encore plus maintenant qu’avant, mais si intérieure qu’elle ne transpirait que par son attitude lumineuse.

Trois semaines plus tard, je reçus un faire-part de décès.


Laurent et Guy, deux hommes accablés par un destin implacable à l’issue certaine, pour lui faire face avec courage. Je suis privilégié d’en avoir fait la connaissance. C’est en souvenir du premier que je créai le premier site web d’information en français sur le sida.

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31 octobre 2005

202.2

Classé dans : D***, E.R. — In Zikh @ 0:14

Depuis que j’ai rappelé Évelyne, conversation qui s’est agréablement passée, nous nous sommes écrits plusieurs fois. J’ai l’étrange sentiment que rien n’a réellement changé, ou plutôt si : plus égotiste encore qu’avant, elle n’accorde aucune attention à ce que je lui ai indiqué de mon oeuvre récente, ignore la longue réponse venue du profond de mes tripes à une question personnelle qu’elle me posait, ne fait aucune allusion aux renseignements que je lui ai fournis à sa demande ; mais elle insiste pour avoir encore plus de réactions de ma part sur ce qu’elle dit d’elle-même et de ce qui l’intéresse (ce que je ne manque pas de faire).

À sa dernière demande, insistante, je lui ai retourné le miroir. Soit elle comprendra et évoluera, soit elle s’en offusquera et brisera là. En tout état de cause, je ne veux plus laisser pourrir la situation et jouer le rôle d’écho à ses incertitudes.


Avec le temps qui passe, je constate que j’ai dû jouer pour quelques personnes un rôle de substitut de père, que je n’avais pas choisi et qui n’avait rien à voir avec nos âges respectifs (en général presques identiques), mais plutôt du fait de ma nature stable (me semble-t-il), de mon écoute, de la confiance accordée et jamais trahie et du soutien sans faille que j’essaie de donner. Un peu (mais bien loin) de celle de mon père, qui a tenu aussi cette place auprès de ma mère ; là non plus, ce n’était pas une question d’âge (ils avaient un an de différence), mais le fait qu’elle ait dû quitter le sien à l’adolescence, comme celui que D*** ait perdu le sien à cette époque de sa vie, peut expliquer leur recherche sans fin.

Mais ce rôle, j’aurais voulu le tenir auprès d’enfants chairs de ma chair, et non pas pour des amis. Si dans le premier cas il est immensément plus difficile mais splendide - c’est la construction d’un individu, et donc du monde, à laquelle on participe -, dans l’autre il est souvent ingrat, un puits sans fonds qu’on essaie de remplir, un besoin de consolation impossible à rassasier, le foie dévoré au quotidien. Et pour quel retour ? Et pour quel futur ?

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19 octobre 2005

196.2

Classé dans : D*** — In Zikh @ 22:20

Je n’ai jamais aimé les conflits. Les ai-je fuis ? Dans certains cas, sans doute - par orgueil mal placé, par crainte de ma propre violence, pour éviter de blesser l’autre comme il venait de le faire à mon égard. Dans d’autres, là où cela comptait vraiment pour moi - avec D***, avant tout - j’ai souvent tenté de les résoudre, même si c’était à moi de faire le premier pas ; d’une part, D*** était plus orgueuilleux que moi pour le faire ; d’autre part, son sens de honte et de culpabilité était trop fort pour lui permettre de penser à une issue positive et à l’envisager, tel l’enfant qui a commis une faute et qui attend que son parent vienne lui pardonner. C’est pourquoi j’ai été si agréablement surpris quand il m’a appelé l’autre jour pour s’excuser de la façon méprisante avec laquelle son ami m’avait parlé.


Il peut y avoir une troisième issue : exprimer son ressentiment, sa frustration, sa colère ou sa rage, non pas forcément avec agressivité, mais avec fermeté ; ne pas l’ignorer, ne pas en faire l’impasse. Ce constat m’a saisi : avant même l’amitié, le respect est dû, et jamais unilatéralement. Je suis prêt, dorénavant, à revoir Évelyne : j’avais refusé de renouer lorsqu’elle me l’avait proposé, quelques mois après qu’elle eut rompu notre amitié de façon éhontée. Maintenant, je sais que je n’éviterai plus de la mettre devant l’évidence de son comportement à mon égard, le cas échéant, sans pour autant utiliser les procédés dont elle a fait usage à mon encontre.

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14 octobre 2005

189.5

Classé dans : D*** — In Zikh @ 20:37

Ma découverte de la sexualité ne fut pas une réussite - d’abord, adolescent, dans un livre qui datait, et qui, tout en me fascinant, m’a fait plus peur qu’envie ; puis, adulte, dans une réalité plutôt triste, voire sordide : j’en étais arrivé à la conclusion définitive que je ne pourrais jamais vivre une relation au grand jour, au vu et au su de mes proches. Une honte inévitable et inavouable accompagnait les rencontres que je faisais : comment pouvais-je désirer des personnes que je n’aurais pas fréquentées comme amies et que je n’oserais présenter à mes amis ?


C’est alors que je rencontrai D***. Un sentiment d’amitié inéluctable nous rapprocha et évolua rapidement en un lien indéfectible, malgré ses transformations au fil du temps et des circonstances.

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9 octobre 2005

189.2

Classé dans : D***, G.C., JP.JR — In Zikh @ 18:44

Jean-Philippe était un collègue, puis ami, de D***, et c’est ainsi que je l’ai connu aux soirées qu’organisait ce dernier, puis aux miennes. Intelligent, le coeur du bon côté (c’est-à-dire du mien…), il a un côté BCBG qui lui donne un air gauche même quand il semble se lâcher, et son humour est sérieux et appliqué, celui d’un (très) bon élève.

C’est à lui que j’ai proposé de m’accompagner lors d’un voyage de comité d’entreprise auquel je m’étais inscrit avec D***, quand j’ai appris qu’il devait annuler. Au cours de ces trois jours, il est resté égal à lui-même, sans laisser paraître un quelconque recoin personnel ; je ne l’ai d’ailleurs jamais vu accompagné, depuis les années où je le vois.

à la soirée d’hier chez D***, un convive (que je ne connaissais pas) discutait avec Nicole. Me joignant à eux, je l’entends faire une déclaration sans équivoque, qui tenait de l’absolu : “Jean-Philippe est mon ami. C’est un homme bien, que j’admire. Il a une belle âme.” à Nicole, quelque peu surprise qui l’interroge avec tact, il répond qu’il a quelques autres bons amis. Il me dit que quand il retrouve des amis d’enfance, il sent qu’il n’y a aucune barrière, même après tant d’années, et qu’ils peuvent tout se dire, sans crainte ni fausse pudeur. Puis il parle de l’amie de sa fille, toutes deux s’étant connues au berceau, les parents étant eux-mêmes amis. Nicole dit alors, étonnée, qu’elle ne supposait pas qu’il pouvait y avoir de telles amitiés entre les hommes (sous-entendu : qui ne soient pas homosexuels, et d’une intensité comparable à celles qui peuvent exister entre deux femmes).

Je ne suis pas étonné ; je connais Guy depuis l’âge de 5 ans (il en a deux de moins et il se rappelle de notre première rencontre), et malgré la distance qui nous sépare maintenant nous sommes en contact presque hebdomadaire ; j’ai connu Jacob dans un cadre professionnel, et l’amitié qui me lie à lui et à Hélène ne varie pas avec le temps. Je constate avec reconnaissance que le comportement de D*** est bien plus généreux que je ne l’ai longtemps cru.


Je me demande parfois si, à certains égards, je ne suis pas en situation d’attente, une trop grande attente, de la part de mes amis, dans les moments de solitude ou de désarroi qu’ils ne peuvent d’ailleurs que rarement deviner. Je sais écouter et donner sans compter (sans pour autant soutirer la confidence ni noyer l’autre sous ma sollicitude), mais je ne sais pas, je ne peux pas, faire appel à eux. Est-ce par crainte de rejet ? Ou alors, parce que je ne veux me montrer dans ces moments de faiblesse (par orgueil mal placé) ou parce que je crois qu’ils ne seront pas capables de comprendre ?

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189.1

Classé dans : D***, F.B., N.M. — In Zikh @ 14:31

Nancy avait bien des atouts pour me charmer : nous partagions de nombreux domaines d’intérêt, et surtout elle était musicienne. Nous nous étions rencontrés dans un groupe de discussions en marge dans la petite ville universitaire où je faisais mes études et où elle habitait. Je m’attachais de plus en plus, j’en devenais amoureux ; ce fut elle qui me séduisit, et la vierge effarouchée que j’avais été se transforma en un homme comblé, aux anges. Avec les temps, je commençais à mieux connaître Nancy : c’était une femme déterminée, qui savait ce qu’elle voulait de la vie - professionnelle et personnelle. Je ne l’étais pas - je ne le suis toujours pas - et cette attitude commençait à me remplir d’effroi. à la fin de cette année-là, je partis en vacances avec un ami étudiant qui faisait partie du même groupe. Après cet été, je ne revis plus Nancy. J’appris plus tard qu’elle s’était mariée avec cet ami.


C’est durant la soirée chez D*** hier que j’ai ressenti la même impression en revoyant l’ami de Françoise, et, plus tard, dans la voiture qu’il conduisait “comme un pilote de course” (disait-il), avec une détermination monomaniaque, sans aucune considération pour l’autre - ou alors, là où il en montre, pour en sucer la substance et s’en nourrir. Je ne comprends pas l’intérêt qu’il semble avoir pour moi et me montrer les quelques fois où je l’ai vu, et que me reporte Françoise : s’il est venu hier à la soirée chez D***, c’était, m’a-t-elle dit, pour moi voir. J’y ai vu son comportement à l’égard de l’ami de D*** : la même exubérance mais qui me semble si factice. Je ne comprends surtout pas ce qui le lie à Françoise qui n’a rien d’une femme soumise, qui l’a soutenu quand il était dans la mouise, qu’il a rejetée quand il en est sorti, et les revoici ensemble. Serait-elle fascinée par cette détermination ? C’est en entendant ce que disait Jane Fonda de son ex-mari Ted Turner le si puissant et en même temps si fragile comme un enfant qui n’a jamais grandi, que je commence à en apercevoir les contours. Quoi qu’il en soit, ce que j’en vois me fait penser au baiser de la femme-araignée et c’est ce qui m’avait fait fuir Nancy, à regret.

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30 septembre 2005

188.2

Classé dans : D***, F.B., M.P. — In Zikh @ 12:56

Ce soir-là, ce fut D*** qui demanda s’il pouvait rester passer la nuit chez moi, avec moi. Quelque temps plus tard, ce fut lui qui m’embrassa. C’est encore lui qui franchit les premières étapes du nouveau chemin de ma vie et de la sienne.

C’est Martin qui me prit dans ses bras, quand nous étions côte à côte dans l’ascenseur. S’il n’était reparti, plus tard, dans son pays, nos routes auraient osculé comme nos corps et nos coeurs le firent durant son séjour.

C’est Françoise qui, de collégiale, fit évoluer notre relation en amitié, de celles si rares où un regard suffit pour dire tous ce que les mots n’ont pu exprimer, et dans lesquelles la différence n’est pas une arme mais une force.


J’ai rarement osé faire le premier pas, le premier geste. Il m’est même arrivé de ne pas faire le second. Par crainte de ne pas être à la hauteur ou celle d’être ignoré ou rejeté ? Par orgueil qui me dictait d’attendre l’expression de l’amitié ou du désir de l’autre avant de dire le mien, qui pourtant était si fort ? Je n’ai jamais failli à la réciproque, surtout une fois le contact engagé. Mais c’est l’ouverture de la porte qui est si difficile…

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25 septembre 2005

188.1

Classé dans : ...autres, D*** — In Zikh @ 16:47

Il est si facile de tomber dans la facilité, c’est après que les choses se compliquent : il est marié ou habite à l’étranger (ouch, ça fait mal) ; il semblait si intelligent (avant qu’il ne commence à parler) ; il aime tout ce que je n’aime pas (et inversement) ; il est celui avec lequel je rêve de vivre ma vie (avant d’avoir même commencé à le faire) tandis que lui n’y pensait même pas (tout en me promettant monts et merveilles, avec un regard si profond qu’il aurait fait fondre une sirène de glace) ; il ne veut que moi, moi moi (et je me demande comment je passerai de l’instant à l’infini avec cet étranger).


Quelle tentation, que la vie rêvée, imaginée et fantasmée ! quelle déception, le réveil le lendemain (parfois c’est le jour même) qui ne chante pas. Au sortir de l’adolescence (un peu tardivement, biologiquement parlant) j’ai voulu éviter de me cogner à chaque fois dans le mur vers lequel j’avançais à l’aveuglette. C’est alors que j’ai rencontré D***, c’est avec le temps que j’ai enfin pressenti la différence entre plaisirs et bonheur.

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21 septembre 2005

185.1

Classé dans : ...autres, D*** — In Zikh @ 23:42

Les obsèques de M*** ont eu lieu hier. Quand sa femme m’a appelé le jour de son décès pour me l’annoncer, elle m’a dit qu’il aurait aimé que j’y vienne ; je n’ai pas hésité, mais ce n’était pas “pour lui”, lui, il n’était plus là. ça l’était surtout pour les vivants - pour elle, pour ses enfants - même si ces derniers n’avaient cure que je sois là, même si j’avais l’impression de voir ce qui se passait à travers une vitre insonorisée, même si ceux à qui j’ai pensé étaient les miens, disparus. J’y suis allé surtout en mémoire de mes cousins, qui avaient eu tant d’affection pour lui et pour les siens sans être payés de retour. En avaient-ils été conscients ? Ils n’étaient pas bêtes, et quand on aime, on pardonne bien des choses. S’ils l’avaient fait, je pouvais le faire. Je devais le faire.


D*** ne voulait pas venir, indigné qu’il était encore par ces comportements dont j’avais parlé, si grande était son affection pour mes cousins. Il l’avait bien démontré, en veillant ma cousine dans son agonie ; et il n’avait rien à attendre d’eux, lui, contrairement à M*** et aux siens. Je n’ai pas tenté de le persuader, je lui ai seulement dit pourquoi j’irais, moi. Il s’est finalement joint à moi et je lui en suis reconnaissant, là aussi. La mort a effacé mon ressentiment, mais je n’ai rien oublié.

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