Chercher

Calendrier

décembre 2017
L Ma Me J V S D
« mai    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

22 mai 2005

126.1

Classé dans : David, N.G. — In Zikh @ 9:40

Après le concert, Nicole et moi prîmes le bus qui nous ramena au centre, où nous habitons non loin l’un de l’autre. Elle me raconta que David s’était fait larguer par son compagnon de longue date “pour un petit jeune”, qu’ils s’étaient séparés, qu’il en avait été effondré puis qu’il s’était repris en main, à tel point qu’elle en était fort surprise : régime, jogging… et qu’il en était méconnaissable : il rayonnait.

J’avais rencontré, ou plutôt croisé, David pour la première fois dans un lieu incongru : Sainte Sophie, à Istanbul, lors d’un voyage de groupe. J’avais remarqué son visage étrangement attirant, non pas qu’il fut beau (la beauté aurait plutôt tendance à me tenir à distance), mais il exprimait intelligence et sensualité. Puis je l’avais oublié. Je le revis avec son ami lors d’un dîner chez Nicole, et c’est lui qui me rappela où nous nous étions vus.

Deux ou trois autres dîners me permirent de le revoir, toujours accompagné. David monopolisait la scène de son esprit foisonnant et de son verbe riche - c’en était plus amusant que dérangeant, et si je retrouvais chez lui cette propension que j’ai à parler, je sais aussi être spectateur. Quant à son ami, plus réservé, il n’était pas inintéressant, quand il lui arrivait de pouvoir en placer une. à la fin d’une soirée, David me fit une bise amicale.

Secrètement, je me prenais à rêver du couple que David et moi pourrions former, mais je me suis bien gardé de le montrer ou de faire quoi que ce soit en ce sens ; j’ai un respect quasi religieux du couple, ceux que j’ai vus à commencer par mes parents, et celui qui a été le mien et qui a été mon plus grand bonheur, à ce jour.

Ce que me racontait Nicole ce soir-là ne pouvait manquer de nourrir ce rêve. Comme elle fit alors allusion à mon célibat actuel, je lui lançai “mais tu es une marieuse dans l’âme!” tout en espérant qu’elle le fut vraiment ; je ne me voyais pas contacter David, ne sachant d’ailleurs pas où il habitait, ni pour quel prétexte. Et finalement, par timidité.

Quelque temps plus tard, je reçus une invitation de son producteur pour assister à l’avant-première de l’une de ses oeuvres ; la date était fort mal choisie : la veille d’un pont, et je n’étais pas le seul à ne pouvoir y assister, comme le confirma Nicole. à grand mal, je trouvai son adresse électronique, et lui envoyai un petit mot, le remerciant et m’excusant de mon absence, tout en émettant l’espoir que j’aurais l’occasion de la voir, cette oeuvre, ultérieurement. Je ne reçus pas de réponse.


Malgré ma timidité, j’avais rencontré celui qui a changé ma vie, m’a fait connaître le bonheur, m’a prouvé à moi-même ma capacité à donner autant qu’à recevoir, à partager sans m’effacer ni écraser. Cela aurait dû suffir à me permettre de la vaincre, cette timidité, d’oser aborder sans craindre le rejet. Eh bien non. Il y a toujours cette fêlure intangible que je n’arrive pas encore à réparer.

• • •

14 mai 2005

115.1

Classé dans : B.R., E.R., F.B., J&H.K., N.G. — In Zikh @ 15:02

Dans le paysage ravissant de mes amitiés, Hélène et Françoise, et, à moindre égard (pour autant que je puisse comparer) Betty et Nicole, sont des “pièces” essentielles. Ces femmes si différentes les unes des autres ont pourtant toutes en commun le fait de posséder, entre autres qualités, celles de l’intelligence du coeur et de l’empathie affectueuse, et de les dispenser avec tant de grâce et de discrétion que le bien-être qu’elles prodiguent ainsi semble émaner de l’air qui les entoure.

Je les ai connues en des lieux et des périodes variés de ma vie : Hélène par son mari qui partage cette amitié, Françoise lors d’un contact autrefois professionnel, Betty sur les bancs d’une classe de langues et Nicole par Françoise. Les sentiments d’amitié se sont développés au cours des années nous rapprochant graduellement, tels les fils ténus et irrisés d’une toile d’araignée s’étendant d’un endroit à l’autre, y joignant ceux ou celles qui fréquentent l’un de nous et qui partagent, au-delà d’affinités culturelles, une certaine façon d’être avec les autres : attentive, respectueuse, légère, profonde…

Elles ne sont pas entourées d’un nuage virevoltant d’”hommes célibataires”, ce qui était, par contre, le cas d’Évelyne. Nous crûmes partager des goûts dans bien des domaines, et notre amitié prit rapidement un côté quasi passionnel. Comment elle, qui avait tant d’amis homosexuels, ne pouvait comprendre que je l’étais jusqu’à ce que j’aie à le lui dire, et vivre jusqu’alors (mais aussi après, pendant un temps) dans le fantasme d’une relation que je n’étais pas en mesure de lui offrir ?

J’ai finalement compris que cette femme était restée une enfant, qui, au-delà de côtés pétillants qui ne manquaient pas de charme, était au fond toute tournée sur elle-même et incapable de voir et de comprendre les adultes et leurs relations ; égoïste, ingrate, rancunière et insécure, elle s’entourait d’hommes dont la fonction était soit celle d’une copine complice mais sans la rivalité féminine, soit celle d’un père rassurant qui pouvait l’aider et la soutenir dans ses crises, petites ou grandes, ce que j’ai fait sans compter pendant si longtemps. Ses deux mariages furent des échecs, notre amitié n’y résista pas.


L’amitié et le sacré ont cela de commun qu’ils sont des états de grâce.

• • •
Powered by: WordPress • Template by: Wench • Syndication: RSS