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1 mai 2005

110.1

Classé dans : K.T. — In Zikh @ 11:51

J’aimais bien son côté quelque peu détaché qui me donnait une sensation appaisante. Effleurant la vie avec légéreté, il semblait pourtant laisser entrevoir des profondeurs sur lesquelles il ne s’exprimait que peu, par allusion, par des touches de couleur qui éclaboussaient parfois le miroitement calme du lac de sa vie.

J’attribuais cette réserve à la pudeur, qui m’enchante bien plus que l’exhibition à tout crin, celle des sentiments comme celle des corps. Non pas que j’en soie offusqué tel une vierge effarouchée (je ne suis plus l’une ni n’ai jamais été l’autre), mais il est vrai que les chemins de traverse par charmilles et bosquets où l’on n’aperçoit un paysage splendide qu’à travers une percée qui s’entr’ouvre pour se refermer aussitôt, sont bien plus magiques que les autoroutes rectilignes coupant tel un scalpel la campagne rasée pour leur faire place.

Mais j’ai déchanté. Sous le feuillage, il n’y avait pas de tronc, et l’air diaphane et irrisé ne laissait sur son passage que des notes qui ne formaient pas une mélodie. Ce n’était qu’une affaire de style, pas de substance ; un rêve, ce qui n’en fait pas une réalité.

Derrière le masque d’Arlequin, il n’y avait personne.

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