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3 décembre 2005

218.1

Classé dans : Patrick — In Zikh @ 10:08

Patrick s’est étonné que je réponde de plus en plus laconiquement à ses courriers et que je ne m’étende pas sur mes occupations ou mes préoccupations. Comment en serait-il autrement ? Il me lit si rarement, parfois des mois après que je lui aie écrit, me retournant des phrases convenues ou construisant des hypothèses farfelues, à se demander pourquoi insiste-t-il pour recevoir de mes nouvelles, qui, quand elles l’atteignent finalement, ne sont plus d’actualité. Quand bien même les aurait-il consultées à leur arrivée, aurait-il été capable d’y répondre, ou a-t-il uniquement le besoin de ne pas trouver une boîte vide quand il lui arrive de passer la relever ? La communication entre amis n’est pas un sens unique. Il n’est pas de mes amis.


J’ai parfois l’impression d’être, pour certains, un tableau poussiéreux accroché dans un couloir obscur où l’on ne passe que rarement et que l’on n’aperçoit que du coin de l’oeil. Un beau jour, on remarque qu’il n’est plus là, parfois bien longtemps après qu’il ait été déplacé ou qu’il soit tombé en miettes.

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1 septembre 2005

172.2

Classé dans : Patrick — In Zikh @ 19:29

J’avais fait la connaissance de Patrick il y a quelques années. Il était venu de sa province, nous nous étions vus et avions sympathisé. Après son retour chez lui, nous nous parlions de temps à autre ; il ne manquait pas de m’annoncer son passage imminent à Paris en exprimant un désir profond de me revoir, mais il n’en était rien. Puis ce fut le silence. Des années plus tard, il recommença à communiquer avec moi, cette fois électroniquement. Et ce fut le même schéma, à la cadence d’un ou deux messages par an, me proposant de nous revoir lors de sa prochaine visite à Paris. Je répondais amicalement que je serais disposé à le revoir, bien évidemment. Et l’échange s’arrêtait là.

Dans l’un de ses derniers courriers, il me parle de son compagnon qu’il aime, fait allusion à certains problèmes qu’il rencontre, évoque notre rencontre d’alors avec nostalgie et le regret de “n’avoir pas été correct avec lui” (je me demande bien de quoi il s’agit : je ne l’ai jamais séduit, ni a fortiori forcé, à faire quoi que ce soit), demande s’il est encore temps (je me demande bien pour quoi, il n’en dit rien). Ma réponse, amicale, curieuse et réservée, reste sans écho.

Quelques mois plus tard, il m’écrit pour m’annoncer son passage imminent à Paris. J’y réponds, à l’égal de moi-même.


Etrange sentiment que celui de réaliser qu’on est devenu un fantasme. On aperçoit une sorte d’image de soi, celle que projette l’autre : une sorte de doppelganger un peu flou qui n’est ni tout à fait soi ni tout à fait un autre. Je ne tiens pas à me transformer en l’ombre de cette ombre.

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