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28 mai 2006

342.1

Classé dans : ...autres — In Zikh @ 13:10

J’ai parfois eu à faire à des collègues buttés : parfois agressifs, pervers ou vulgaires, ou tout simplement incompétents et trouvant tous les moyens pour ne rien faire, bien en deçà du minimum syndical (ce n’est pas l’incompétence qui me dérange réellement, mais plutôt le manque de bonne volonté : je me suis très bien accommodé de D*** qui a rejoint mon service sur un poste qui ne l’intéressait pas mais qui a fait de son mieux, tandis que la personne qui l’y avait précédée, bien plus capable, avait indiqué deux jours avant son arrivée que son souhait était d’en repartir le plus vite).

Je me hérisse alors comme un chat, et alerte l’administration, mais rien n’y fait : la direction ignore ce genre de problème, et mes pairs l’attribuent à mon mauvais caractère. Ce n’est que parfois bien plus tard, quand l’attitude de ces collègues crée des problèmes au niveau institutionnel que d’autres commencent à s’en plaindre ; il est souvent trop tard pour régler la situation sans trop de dégâts. Et pourtant, si on m’avait écouté… Mais on ne m’écoute pas.


Là comme dans des cas bien plus dramatiques, voire tragiques, les avertisseurs d’incendie sont ignorés. Il sert rarement d’avoir raison avant les autres - cela suscite plutôt le ressentiment que l’attention ou la prise en compte.

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15 mars 2006

322.1

Classé dans : ...autres, Papa et Maman — In Zikh @ 1:37

L’autre soir, avant le concert, j’entends dire “…et il ne se souvient pas de moi !” ; l’homme qui avait prononcé ces paroles qui m’étaient adressées se tenait juste devant moi, et parlait avec K. que je venais de saluer sans le remarquer, lui. Il se présente : nous avions été collègues, dans un passé lointain. Je retrouve alors les traits de son visage, mais il avait changé ; c’est pour cela que je ne l’avais pas reconnu, il faisait partie de la foule anonyme qui commençait à remplir le hall.

Le passé me touche toujours ; même si nous n’avions jamais été amis, j’étais curieux de savoir ce qu’il était devenu, je le lui demandai. Il répond d’un mot, puis s’éloigne. Pourquoi s’était-il identifié, si c’était pour repartir immédiatement ? Après un bref moment de surprise, je le sens se dissoudre dans mon souvenir avec une indifférence qui me surprend.

J’en parlais tout à l’heure à Andrès qui l’avait connu à cette période. Il me pose la même question, “qu’est-il devenu ?” J’avais envie de répondre : “rien” - car pour moi, il n’était pas arrivé à reprendre corps ; je balbutiai quelques mots, et nous passâmes à autre chose.


Ceux que j’ai connus forment le paysage de ma vie. Qu’ils soient au premier ou à l’arrière-plan, j’en garde souvent un souvenir très vivace. Le temps passant, je suis curieux d’en retrouver, comme lorsque je tombe sur une photo d’antan un peu jaunie et cornée, et que je la compare à mon souvenir. Celle de papa que j’avais prise adolescent et que j’ai retrouvée hier par hasard, m’a frappée avec une force étrange : je le reconnaissais évidemment, et pourtant en l’examinant de près je le trouvais différent, comme étranger. Ce n’était plus que de loin que je savais qui il était.

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21 décembre 2005

228.1

Classé dans : ...autres — In Zikh @ 20:38

Quand je lui disais le mal que j’ai à me mettre à l’établi, que ce soit pour écrire un article ou faire du repassage (mais une fois que je m’y suis mis, rien ne m’arrête plus jusqu’à l’aboutissement), il me parle d’angoisse de mort.

Quand je lui dis maintenant que je n’arrivais jamais à finir des entreprises, qui, de ce fait, trainaient sans fin (c’était surtout avant le fameux projet), il me demande, “Que veut dire finir ?” C’est mettre un terme, tourner la page, passer à autre chose.


Suis-je capable de le faire, ou suis-je irrémédiablement (sic) ancré dans le passé et pas uniquement le mien - dans une sorte de lignée tribale qui participe de mon identité, mais qui, faute de descendance, ne peut s’ancrer dans le futur ? Est-ce la raison pour laquelle j’écris, pour laisser une trace, de quelque façon que ce soit ?

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19 décembre 2005

227.1

Classé dans : ...autres — In Zikh @ 23:01

Les rêves qui peuplent mes nuits sont d’une richesse étonnante : intrigue complexe, personnages étrangers, dialogues réalistes, paysages variés… j’en suis comme le spectateur étonné et en même temps l’acteur (et bien entendu l’auteur). Et au réveil, leur évanescence ne me laisse que le souvenir d’une atmosphère : aucun détail, rien que je puisse écrire, ni a fortiori lui raconter. Ou si peu.


Est-ce ce qui me pousse à écrire, ici et ailleurs ? Une écriture qui, à certains égards, semble aussi foisonnante que ce qui m’échappe dans mes nuits.

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31 octobre 2005

202.3

Classé dans : ...autres — In Zikh @ 8:04

À voir les images du film de sa vie superposées, on remarque ce qui dépasse.

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27 octobre 2005

200.1

Classé dans : ...autres, F.B. — In Zikh @ 1:59

Il m’écrit : “je crois que nombreux sont ceux qui n’ont pas été vers toi plus par crainte de ne pas être à la hauteur, intimidés au fond”. Cela rejoint ce qu’avait dit Françoise, qui est maintenant ma meilleure amie, de la difficulté qu’il y avait à m’approcher ; et la secrétaire d’Annette, qui m’avait dit qu’on l’avait prévenue que je n’étais pas d’un abord facile, et que, maintenant qu’elle me connaissait, elle ne pouvait le comprendre. Et pourtant, c’est si facile à comprendre, c’est tellement banal… la réserve, la timidité, la crainte du rejet, le désir d’être désiré.


Les masques sont une magnifique et terrible invention. Ils collent parfois tellement à la peau qu’on ne fait qu’un avec, et qu’il est difficile de les enlever, sauf devant les intimes. Ou les parfaits inconnus, mais ce n’est pas la même chose.

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19 octobre 2005

196.1

Classé dans : ...autres — In Zikh @ 19:19

J’ai longtemps pensé que la sensibilité était une qualité : l’émotion devant l’odeur d’une fleur ou un paysage ravissant, un tableau saisissant ou devant la souffrance des autres, la capacité à tourner une phrase ou un poème bouleversants - une telle attention ne pouvait être que vertueuse et ne pouvait que dénoter une grande empathie pour l’humain, à l’évidence.


Il me fallut du temps pour constater qu’il n’en était rien. Ou du moins, pas forcément. Cette émotion est souvent de l’ordre de la jouissance pour celui qui l’éprouve (même si elle peut être de l’ordre d’une délicieuse souffrance) ; elle est parfois une posture esthétique à faire apprécier par d’autres qui partagent cette attitude, voire un positionnement politique. Elle est rarement un vecteur de l’action, seul moyen réel d’expression de l’empathie. Dorénavant, je suis dans la “résistance à l’hystérie du discours conclusif, à l’emphase de la fiction, au songe d’apothéose de la belle apparence”, comme le dit si bien Michel Guérin dans son article “Passage Walter Benjamin”.

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18 octobre 2005

189.3

Classé dans : ...autres, Madame D***, Papa et Maman — In Zikh @ 22:47

C’est lorsque maman eut besoin d’une assistance quotidienne à domicile que Zoubida commença à travailler chez elle. Cette femme, la quarantaine florissante, était une aide parfaite : aimable, patiente et attentionnée et particulièrement lors des périodes de maladie. C’était un soulagement pour moi : même si j’étais toujours sur le qui-vive, je savais que je n’étais plus toujours tout seul à l’être, pendant ces quelques heures que Zoubida passait auprès d’elle. Au fil du temps, nous apprîmes qu’elle avait des problèmes de tous ordres : familiaux (avec un fils adulte qui devait se droguer), financiers… Maman, qui avait le coeur sur la main et surtout une vocation salvatrice ancrée dans un profond sentiment de culpabilité dostoïevskien (et pour cause), ne demandait qu’à l’aider ; nous le fîmes dans la mesure de nos moyens, même si j’étais plus réservé, ne connaissant pas vraiment Zoubida et connaîssant trop bien maman.

C’est en m’occupant de ses comptes que je remarquai que sa facture de téléphone avait augmenté de façon significative. Je savais que maman appelait nos proches ici et à l’étranger, le téléphone devenant, avec les infirmités, un lien social de plus en plus vital ; mais les sommes étaient trop élevées. Dans le relevé détaillé que je reçus, je trouvai à ma stupéfaction que l’essentiel des appels avait été passé vers le pays d’origine de Zoubida. Malgré l’évidence, celle-ci nia avoir appelé. Après que je l’eus mis en demeure de cesser faute de quoi je défalquerai ces sommes de son salaire, la facture revint à la normale.

Quelque temps plus tard, je n’arrivai plus à retrouver certains habits de maman, lorsque je les cherchai pour l’encourager à en changer. Maman ne savait pas ce qu’il en était advenu, et je ne me doutais encore de rien : c’était une disparition inexpliquée, je me demandai si maman ne les avait pas donnés à son aide (à laquelle elle ne refusait rien), et l’avait oublié ou n’osait me le dire. Mais ce fut à la veille d’un dîner festif auquel j’avais invité maman, que les choses commencèrent à se dessiner : maman voulait mettre, pour l’occasion, les quelques bijoux qu’elle tenait de Madame D***, chez laquelle elle grandi après son arrivée en France, et qu’elle avait portés rarement mais avec fierté : sa beauté en était comme illuminée par cette très belle broche en or ancienne que je n’avais cessé d’admirer depuis mon enfance sans concevoir qu’elle avait une autre valeur qu’esthétique et affective, par la bague (de platine, me semble-t-il; avec une petite pierre bleue) ou par le collier de perles. Elle n’arriva à les trouver. Nous mîmes le petit appartement sans-dessous-dessus, mais en vain. J’étais déchiré entre le soupçon croissant et la crainte de perdre une aide efficace.

Ce qui déclencha la crise, ce fut finalement le jour où maman me dit qu’elle ne retrouvait plus son alliance de mariage ni celle de papa, qu’elle avait enlevées un soir. Je n’avais aucune preuve, alors comme avant, mais je n’avais plus de doute : je ne cherchai plus qu’à me débarrasser de cette femme malhonnête et exploitatrice, dont la politesse n’était en réalité que le l’obséquiosité, l’attention un atout pour dénicher ce qu’elle pouvait subtiliser, et la patience l’attitude nécessaire pour attendre le bon moment pour le faire. Même là nous ne pûmes le faire qu’en lui payant de belles indemnités…

Au-delà de la perte matérielle, ce dont souffrait maman c’était de ne plus avoir ce dernier objet qui lui rappelait papa, l’alliance qu’il lui avait donnée à leur mariage, à laquelle s’était rajoutée celle de papa à son décès. à sa demande, je lui en achetai une autre, et, bien heureusement, elle oublia, au bout d’un temps, que celle-ci n’était qu’un substitut.


L’alliance, de symbole, était devenu un substitut à la présence de papa à ses côtés. Les bijoux, maintenant disparus, lui rappelaient sa jeunesse. Leur vol a été, pour moi, une blessure profonde, au constat de la souffrance mélancolique qu’il a causé à maman. Même après toutes les années qui ont suivi la disparition de maman, je ne peux me défaire de la colère encore violente que je ressens à l’encontre de la personne qui l’a causée et qui a abusé de notre confiance et de l’état de faiblesse de maman.

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25 septembre 2005

188.1

Classé dans : ...autres, D*** — In Zikh @ 16:47

Il est si facile de tomber dans la facilité, c’est après que les choses se compliquent : il est marié ou habite à l’étranger (ouch, ça fait mal) ; il semblait si intelligent (avant qu’il ne commence à parler) ; il aime tout ce que je n’aime pas (et inversement) ; il est celui avec lequel je rêve de vivre ma vie (avant d’avoir même commencé à le faire) tandis que lui n’y pensait même pas (tout en me promettant monts et merveilles, avec un regard si profond qu’il aurait fait fondre une sirène de glace) ; il ne veut que moi, moi moi (et je me demande comment je passerai de l’instant à l’infini avec cet étranger).


Quelle tentation, que la vie rêvée, imaginée et fantasmée ! quelle déception, le réveil le lendemain (parfois c’est le jour même) qui ne chante pas. Au sortir de l’adolescence (un peu tardivement, biologiquement parlant) j’ai voulu éviter de me cogner à chaque fois dans le mur vers lequel j’avançais à l’aveuglette. C’est alors que j’ai rencontré D***, c’est avec le temps que j’ai enfin pressenti la différence entre plaisirs et bonheur.

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22 septembre 2005

185.2

Classé dans : ...autres — In Zikh @ 13:28

Il y a des disparitions qui sont dans l’ordre des choses : les parents avant leurs enfants, les plus âgés avant les plus jeunes - et même alors, lorsqu’il s’agit d’un être aimé, il en reste tristesse ou nostalgie qui accompagne comme un effluve plus ou moins présent.


C’est ce qui m’a retenu. Jusqu’ici.

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